Face à une crise des déserts médicaux qui touche désormais près de six millions de Français, le gouvernement a présenté un plan d'urgence doté de 800 millions d'euros sur trois ans, avec l'ambition d'ouvrir 1 500 nouveaux centres de santé pluriprofessionnels d'ici la fin de la période.
Le constat est connu depuis des années, mais il s'aggrave : dans certains départements ruraux comme dans plusieurs quartiers périurbains, le délai moyen pour obtenir un rendez-vous chez un médecin généraliste dépasse désormais six semaines. Une situation qui pousse de nombreux patients vers les urgences hospitalières, déjà sous tension, ou les conduit purement et simplement à renoncer aux soins.
Des centres pensés pour mutualiser les ressources
Le plan présenté repose sur un modèle de centres de santé regroupant médecins généralistes, infirmiers, kinésithérapeutes et parfois psychologues sous un même toit, avec une gestion administrative centralisée qui allège la charge des praticiens. Selon le ministère, ce format permettrait d'attirer plus facilement de jeunes médecins, souvent réticents à s'installer seuls dans des zones rurales isolées.
Une partie du financement sera fléchée vers des incitations directes à l'installation : exonérations fiscales temporaires, aides au logement pour les praticiens et leurs familles, ou encore prise en charge partielle des frais de déménagement. Les collectivités locales seront associées au choix des implantations, sur la base d'un indice de tension médicale calculé commune par commune.
Un objectif ambitieux, des doutes sur le calendrier
Plusieurs associations de patients saluent l'ampleur du plan tout en s'interrogeant sur sa capacité à être tenu dans les délais annoncés. La construction et l'équipement de 1 500 centres en trois ans représentent un défi logistique considérable, sans compter la difficulté à recruter suffisamment de professionnels de santé dans un contexte de tension généralisée sur les effectifs médicaux.
Ce qu'il faut retenir
- 800 millions d'euros sont mobilisés sur trois ans.
- 1 500 centres de santé pluriprofessionnels doivent voir le jour.
- Les implantations seront décidées selon un indice de tension médicale local.
Le ministère a promis un premier bilan d'étape dans un an, avec la liste des cinquante premiers centres effectivement ouverts. De quoi, espère-t-on à Bercy comme au ministère de la Santé, redonner confiance aux territoires les plus touchés par cette désertification médicale qui dure depuis près de deux décennies.
Au-delà des centres eux-mêmes, le gouvernement mise également sur un assouplissement des conditions d'exercice pour certaines professions paramédicales, afin de leur permettre de prendre en charge davantage d'actes simples sans systématiquement passer par un médecin généraliste. Cette délégation de tâches, déjà expérimentée dans plusieurs régions pilotes, doit théoriquement libérer du temps médical pour les cas les plus complexes, tout en améliorant la réactivité de la prise en charge dans les zones les plus isolées.