Après plus de trente heures de négociations ininterrompues à Bruxelles, les vingt-sept États membres de l'Union européenne sont parvenus à un accord sur un nouveau calendrier contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre, salué par plusieurs organisations environnementales comme une avancée historique.

Le texte final prévoit une réduction de 65 % des émissions d'ici 2035 par rapport aux niveaux de 1990, un objectif intermédiaire plus ambitieux que celui initialement proposé par la Commission européenne. Cette accélération du calendrier climatique européen intervient alors que plusieurs rapports scientifiques récents alertaient sur le risque de ne pas tenir les engagements pris dans le cadre de l'accord de Paris.

Des concessions importantes pour les pays les plus dépendants au charbon

Pour obtenir l'unanimité requise sur ce type de texte, plusieurs concessions ont dû être accordées aux pays d'Europe centrale et orientale, dont les économies restent largement dépendantes du charbon. Un fonds de transition renforcé, doté de plusieurs dizaines de milliards d'euros supplémentaires, doit accompagner la reconversion des bassins industriels les plus exposés, notamment en Pologne et en Roumanie.

Les industriels du secteur automobile et de la chimie lourde, particulièrement consommateurs d'énergie, ont obtenu des clauses de révision permettant un ajustement du calendrier si la compétitivité européenne venait à être trop fortement affectée par rapport aux concurrents internationaux, notamment chinois et américains, soumis à des contraintes environnementales jugées moins strictes.

Une victoire en demi-teinte pour les ONG

Si les principales organisations environnementales saluent l'ambition affichée du texte, certaines dénoncent déjà les clauses de flexibilité accordées aux secteurs industriels les plus polluants, qu'elles jugent susceptibles de vider l'accord d'une partie de sa substance dans les années à venir. Plusieurs eurodéputés écologistes ont également regretté l'absence de mécanisme de sanction automatique en cas de non-respect des objectifs nationaux.

Ce qu'il faut retenir

  • L'accord prévoit une réduction de 65 % des émissions d'ici 2035.
  • Un fonds de transition renforcé doit accompagner les pays dépendants au charbon.
  • Des clauses de révision pourraient assouplir le calendrier en cas de besoin.

La mise en œuvre concrète de cet accord nécessitera désormais une transposition dans les législations nationales de chacun des vingt-sept États membres, un processus qui pourrait s'étaler sur plusieurs années et donner lieu à de nouvelles négociations sectorielles, notamment pour les transports et l'agriculture, deux secteurs jusqu'ici relativement épargnés par les engagements les plus contraignants. La Commission européenne devra également présenter, dans les prochains mois, un rapport détaillé sur les financements nécessaires pour accompagner cette transition sans pénaliser excessivement les ménages les plus modestes, déjà confrontés à la hausse du coût de l'énergie observée ces dernières années.