Le ministère de l'Intérieur a annoncé une révision du dispositif du permis à points, avec un nouveau barème pour les infractions liées à l'usage du téléphone au volant et une possibilité élargie de suivre certains stages de récupération de points en ligne.

Cette réforme s'inscrit dans un contexte où l'usage du téléphone au volant demeure l'une des principales causes d'accidents corporels sur les routes françaises, selon les derniers chiffres de la sécurité routière. Le nouveau barème prévoit un retrait de trois points, contre deux auparavant, pour toute utilisation du téléphone tenu en main pendant la conduite, avec une amende portée à 200 euros en cas de récidive dans les douze mois.

Des stages désormais accessibles en ligne

Autre nouveauté notable : les conducteurs ayant perdu entre un et trois points pourront désormais suivre un stage de sensibilisation entièrement en ligne, sous certaines conditions, plutôt que de se déplacer sur deux journées complètes comme c'était jusqu'à présent obligatoire. Cette dématérialisation partielle vise à faciliter l'accès au dispositif, en particulier pour les habitants des zones rurales éloignées des centres de formation agréés.

Les professionnels du secteur, notamment les auto-écoles et les organismes de formation, restent toutefois prudents sur l'efficacité pédagogique de ce format à distance, qui ne permet pas les mises en situation pratiques jugées essentielles par certains formateurs pour faire évoluer durablement les comportements à risque.

Un objectif clair : réduire la mortalité routière

Le gouvernement espère que ce durcissement ciblé, combiné à une plus grande accessibilité des stages, permettra de poursuivre la baisse de la mortalité routière observée ces dernières années, même si le nombre de tués sur les routes reste stable depuis trois ans après une longue période de recul continu.

Ce qu'il faut retenir

  • L'usage du téléphone au volant entraînera désormais un retrait de trois points.
  • Les stages de récupération de un à trois points pourront se faire en ligne.
  • L'amende en cas de récidive est portée à 200 euros.

Ces nouvelles règles entreront en vigueur progressivement au cours des prochains mois, le temps que les préfectures adaptent leurs systèmes d'information et que les organismes de formation obtiennent l'agrément nécessaire pour proposer la version dématérialisée des stages.

Les assureurs automobiles suivent également ce dossier avec attention, certains envisageant d'ajuster leurs grilles tarifaires en fonction du comportement réel des conducteurs, grâce aux données collectées par les boîtiers connectés de plus en plus répandus dans les véhicules récents. Une évolution qui, selon plusieurs spécialistes du secteur, pourrait à terme compléter le dispositif du permis à points par une approche plus individualisée du risque routier. Les associations de défense des automobilistes restent toutefois vigilantes sur l'usage qui pourrait être fait de ces données personnelles, plaidant pour un cadre strict garantissant qu'elles ne servent qu'à des fins de prévention et non de sanction automatisée.